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Découvrez les Achats Responsables

Posté par Guillaume GOURMELON le
Découvrez les Achats Responsables

Les Achats responsables

Pour beaucoup, les achats responsables sont associés à une démarche philanthropique peu compatible avec la réalité économique de notre modèle ultra concurrentiel. Acheter responsable, c’est acheter cher et prendre le risque de s'exclure du jeu marché. Vraiment ? Je ne pense pas. Il s’agit là en fait d’une représentation réductrice et erronée de ce qu’ils sont réellement.

La norme internationale ISO 20400, qui définit les lignes directrices en matière d’achats responsables, nous en donne la définition suivante :

« Un achat responsable est un achat dont les impacts environnementaux, sociaux et économiques sont les plus positifs possible sur toute la durée du cycle de vie, et qui aspire à réduire le plus possible les impacts négatifs »

Cherchons à décoder cette définition :

  • L’achat responsable élargit tout d’abord la vision. Dépassant le cadre du seul triptyque Prix-Qualité-Délai, il cherche à combiner la triple performance économique, écologique et sociétale.
  • Il invite ensuite à prendre de la hauteur et à changer d’horizon :  en considérant la performance économique de l'achat sur la totalité de son cycle de vie, les achats responsables recherchent davantage l'efficience que la performance à court terme. Ils privilégient ainsi une approche par les coûts (directs et indirects) plutôt que par le prix. On apprécie la performance économique dans la durée via la méthode du coût global de possession ; et de manière plus transversale en monétisant des impacts et risques évités.

Car ne nous y trompons pas, la rentabilité et la performance économique de l’organisation demeurent un sujet central et nécessaire à la durabilité de son modèle. La viabilité économique est un des piliers de la démarche.

L’intégration de critères environnementaux et sociétaux permet simplement à l'acheteur responsable de rechercher le juste équilibre entre son objectif économique et les enjeux écologiques et sociétaux auxquels son organisation cherche à répondre. Les achats responsables s’inscrivent au service de la stratégie RSE de leur entreprise, dont ils sont la déclinaison aux achats. Parce qu’ils reposent sur une méthodologie plus globale et plus complexe, les achats responsables imposent une redéfinition le rôle et des compétences de l'acheteur, plus stratégiques et transversales. 

Pour devenir responsables, l’acheteur devra non seulement connaître les aspects réglementaires, techniques, environnementaux et éthiques de son activité et, mais il devra également considérer plus largement ces parties prenantes internes (direction, commercial, production…) et externes (clients, usagers, fournisseurs, concurrents…),  afin d’identifier ses propres enjeux prioritaires. Tout comme la responsabilité, les achats responsables reposent sur un principe d’amélioration continue. Inutile d’espérer atteindre la perfection du premier coup : d’une part elle n’existe pas, et d’autre part elle pourrait vous couper l’envie de vous y engager. L’idée est plutôt de démarrer, même modestement, et d'améliorer continuellement votre démarche en capitalisant et en enrichissant votre expérience.

Les lignes directrices de la norme ISO 20400 posent simplement les bases d'une méthodologie efficace, pérenne, et améliorable dans le temps. Au fur et à mesure que vous gagnerez en maturité, les achats responsables présenteront de multiples intérêts pour votre organisation :

  • Ils sont tout d’abord générateurs de progrès et d’innovations. En développant une relation partenariale et équilibrée avec ses fournisseurs stratégiques, on favorise par exemple la co-construction de solutions innovantes bien plus créatrices de valeur que la seule négociation. La veille de marché permet également de capter de nouvelles solutions à son besoin, et les innovations différenciantes.
  • Ils sont ensuite créateurs de valeur. En repensant son besoin, il est possible d’intégrer de nouvelle façon d'y répondre : l'éco conception, l'économie de la fonctionnalité, l'économie circulaire sont autant de pistes susceptibles de réduire les coûts et les externalités négatives de l’organisation. Autre exemple, des achats plus localisés peuvent permettre d’améliorer le taux de service, offrir une meilleure réactivité et un niveau de stock plus faible tout en renforçant son ancrage territorial. Ces avantages peuvent se mesurer économiquement, mais ne le sont que trop rarement.
  • Il contribue également à mieux sécuriser l'activité de l'organisation : la veille réglementaire, la formalisation des engagements et processus contribue à réduire le niveau de risque pesant sur l'activité de l'entreprise. L’intérêt porté aux parties prenantes permet également d’anticiper ou détecter certains types de risques, et possiblement d’y trouver une solution avant qu’ils ne se concrétisent.
  • Enfin ils participent à améliorer l'image et la réputation de l'entreprise. A l’aide d’une communication adéquate, ils développent l'attractivité et la fidélisation des clients sur les produits vendus. Ils permettent aussi d’accéder à nouvelles opportunités de marché, auprès de donneurs d’ordre également inscrits dans cette démarche.  Ils valorisent la marque entreprise auprès des partenaires stratégiques de l'organisation. Enfin il augmente la marque employeur en facilitant l’attractivité, le recrutement et la fidélisation de ses talents. Cette logique participe donc à rendre le modèle économique de l'organisation plus robuste, efficace, innovant et plus désirable auprès de ses parties prenantes. En somme, il s'agit d'une approche durable de la fonction. A l’heure où l’environnement économique est de plus en plus complexe et où la visibilité de plus en plus difficile, la prise en compte de sa responsabilité amène une réflexion nourrissante sur les fondamentaux de son activité, sur sa raison d'être, voire sa mission. Elle offre ainsi un cap stratégique à quiconque s’en saisit.

En résumé, les achats responsables décloisonnent notre métier, élargissent notre vision et allongent notre perspective.

En vous y investissant, vous aiderez votre organisation à gagner en maturité, performance et notoriété, tout en devenant acteur de changement au service d’un monde plus juste et plus soutenable. Les achats responsables offrent un sens nouveau, ainsi qu’une motivation particulière dans l’exercice du métier d’acheteur.

OK, mais comment faire pour y parvenir ? Et par où commencer ?

Depuis 2017, il existe une méthodologie internationalement reconnue et formalisée par la norme ISO 20400 qui consacrent les lignes directrices des achats responsables. Il s’agit d'une norme volontaire et à ce jour non certifiable. Elle fournit un référentiel de bonnes pratiques, et s'adresse à tous types, formes et tailles d’organisation. Les achats responsables ne datent pourtant pas de 2017. Leur premier cadre formel, dont s’est inspiré ISO 20400, résulte de normes françaises datant de 2012. Il s’agit des normes NF X 50- 135- 1, Et NF X 50- 135- 2 qui proposaient une déclinaison méthodologique de la norme ISO 26000 (RSE) de 2010 pour les achats. Aujourd’hui, La norme ISO 20400 remplace ces deux normes. Elle fournit une méthodologie complète pour initier, concevoir, déployer et améliorer sa propre démarche d’achats responsables. 

Mais avant de poursuivre, il est nécessaire de comprendre les liens étroits existants entre les achats responsables, la responsabilité sociétale des entreprises et le développement durable.

 

Auteur : Franck Babillon

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