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Les bases des Achats Responsables ISO 20400 : Le fournisseur

Posté par Guillaume GOURMELON le
Les bases des Achats Responsables ISO 20400 : Le fournisseur

NORME ISO 20400

LE FOURNISSEUR

Le choix du fournisseur

Le choix du fournisseur est aussi une préoccupation centrale de l’acheteur.

Un des aspects de sa mission consiste à évaluer le niveau de confiance qu’il peut octroyer au fournisseur, en s’appuyant sur une connaissance et une surveillance de ce dernier.

Pour cela, à chaque étape de la relation, du sourcing à la revue de contrat, l’acheteur détermine des critères et met en place un système d’information visant à apprécier la capacité du fournisseur à satisfaire le besoin de son organisation, ainsi que son niveau de risque (ou d’opportunité).

Ainsi, les questionnaires d’informations (RFI), de qualification (RFQ), les enquêtes de situation financière, le niveau de dépendance économique, les audits, les indicateurs clés de performance (KPI) sont autant de sources d’informations participant à manager la gestion du risque fournisseur.


La gestion du risque fournisseur

Depuis la fin des années 1990, la mondialisation des échanges commerciaux et l’émergence de nouveaux pôles économiques ont favorisé à la multiplication des opportunités de sourcing, et l’avènement de la logique de « cost-killing ».

Mais en parallèle, ce contexte a également généré de risques toujours plus nombreux sur les chaînes d’approvisionnement : L’opportunisme commercial, la raréfaction des ressources, la pénurie de produits, l’instabilité géopolitiques, la versatilité des marchés, des prix , des transports… multiplient les facteurs de complexité et les risques potentiels, qui peuvent contre-balancer l’intérêt sur les gains de prix.

L’étude annuelle sur les tendances achats de 2020, menée par le CNA et le cabinet Agile Buyers avant la crise de la COVID-19, constatait déjà que la gestion du risque fournisseur et la sécurisation des approvisionnements étaient devenues une préoccupation essentielle des Achats, tendant à supplanter la focalisation sur la recherche d’économie sur les prix. Depuis la fin des années 2010, la mission des équipes achat s’affirme donc dans un rôle de plus en plus stratégique au sein de l’entreprise. Un nouveau positionnement des Achats se dessine : il s’axe davantage sur la création de valeurs que sur la logique de « cost-killing ».

La crise de la COVID-19 renforce et à accélère cette tendance de fond.


Apport de la démarche d’achats responsables

La logique des achats responsables s’inscrit pleinement dans cette tendance. Elle tend en effet naturellement à favoriser les valeurs propres à la RSE comme la relocalisation, le renforcement de l’ancrage territorial, la vision partenariale de la relation de fournisseur, la logique de co-construction, l’incitation au dialogue, le respect des intérêts réciproques, ou encore l’amélioration des impacts RSE. À ce titre, elle contribue à faire évoluer les contours de la mission de l’acheteur, et à élargir les critères d’appréciation du fournisseur. L’objectif de l’acheteur responsable sera de choisir le fournisseur qui contribuera au mieux au développement durable et à ses enjeux RSE. Il privilégiera ainsi le fournisseur « mieux disant » (performance globale) plutôt que le « moins disant » (économique).

Pour cela, l’acheteur responsable devra intégrer à chaque étape de son processus de sélection, de qualification, d’attribution et d’évaluation du fournisseur, des critères reposant sur ses engagements RSE, sociaux et écologiques.

  • Sur le plan social, les critères auront trait aux conditions de fabrication des produits. Ils porteront à minima sur le respect de droits fondamentaux des travailleurs selon la convention de l’OIT (sécurité, conditions de travail, travail forcé, travail des enfants…) et sur le respect des différentes réglementations sociales en vigueur. Il portera une attention particulière aux engagements formalisés du fournisseur sur le plan social : La certification à des normes internationales, générales ou sectorielles, telles que l’ISO 45001, SA8000 ou OHSAS 18001, ou à des labels tels que « Great Place to Work » seront évidemment des cautions intéressantes;
  • Sur le plan environnemental, l’acheteur responsable s’intéressera aux engagements du fournisseur en faveur de l’écologie. Dispose-t-il d’une démarche formalisée? quelle est la performance de ses produits, de son organisation en matière de préservation des ressources, émission de gaz à effet de serre, consommation d’énergie, génération de déchets et de pollutions diverses? Là encore, l’inscription du fournisseur dans une démarche de certification ISO 14001 (Management de l’environnement), ISO 50001 (Management de l’énergie), EMAS seront intéressantes;
  • Sur un plan plus global RSE, l’engagement du fournisseur pourra être apprécié à travers son adhésion à différents référentiels standardisés (tel que Pacte Mondial, GRI (Global Reporting Initiative), ISO 26000 (Lucie, AFAQ, Engagé RSE, Toumaï…) ou privés (comme B-Corp), ou encore plus simplement par l’analyse de l’expression de ses engagements RSE (charte, rapport d’activité, politique, DPEF…).


L’évaluation RSE n’est pas un travail simple. Elle nécessite la prise en compte de nombreux paramètres. L’acheteur pourra faciliter ce travail en recourant aux services d’organismes tiers indépendants ou de plateformes spécialisées dans des services d’évaluation ou d’audit RSE, tel que ECO VADIS, AFNOR Certification, VIGEO, SMETA, SEDEX, VALORISE…

Dans tous les cas, il incombera à l’acheteur de déterminer le niveau d’exigence à l’égard de son fournisseur selon ses propres enjeux. L’absence de certification ou de labélisation ne sera pas forcément rédhibitoire, mais elle impliquera une exploration approfondie pour évaluer le niveau de maturité du fournisseur. Pour le cas de fournisseurs historiques fiables, ou de fournisseurs à potentiel mais peu matures sur ces sujets, l’acheteur pourra envisager avec eux un plan de progrès si nécessaire.

La démarche RSE s’intéressant à tout l’écosystème d’affaires de l’organisation, elle conduira l’acheteur responsable à considérer la totalité de la chaîne de valeur du produit, jusqu’aux fournisseurs de ses fournisseurs. Quand c’est possible, l’acheteur tentera d’influencer les pratiques de son fournisseur de rang 1 sur les fournisseurs de rang 2 vers davantage de responsabilité.

Les fournisseurs inscrits dans une démarche de responsabilité présentent généralement un modèle économique plus stable, robuste et résilient face aux aléas du marché. Les critères RSE améliorent la connaissance du fournisseur, et participent à optimiser la gestion des risques et opportunités avec ce dernier.

Il convient donc maintenant de se pencher sur un sujet non moins important pour l’acheteur : la nature de la relation qu’il entretient avec lui dans le processus d’achat.



Nous allons aborder dans le prochain module : l’incidence de la démarche d’achats responsables sur la posture de l’acheteur et sur le processus.

 

Article rédigé par Franck Babillon, pour Swott

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