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Les Achats Responsables : Le Produit

Posté par Carlotta Bourdonnais le
Les Achats Responsables : Le Produit

Approche - Cycle de vie - Éco-conception - Réemploi - Label - Norme TCO

 

Un achat responsable est un achat dont les impacts environnementaux, sociaux et économiques sont les plus positifs possibles durant toute la durée de son cycle de vie.

Cette définition résume les critères de recherche de l’acheteur responsable dans son choix de produit. Dans cette approche, l'acheteur dépasse le traditionnel triptyque « prix-délais-qualité », pour élargir sa perception de la performance.

Pour apprécier la pertinence du produit, on développera une vision à la fois plus large, basée sur des critères économiques, environnementaux et sociétaux ; mais également plus profonde en considérant le produit dans tout son cycle de vie.

De nombreux aspects du produit seront donc pris en compte :

  • Sur le champ environnemental, il pourra s’agir de la composition du produit, des ressources et des énergies utilises à sa fabrication, de sa performance (durée de vie, consommation…), de la logistique, ou encore de sa valorisation en fin de vie.
  • Sur le plan social, les conditions de travail dans lesquelles le produit a été fabriqué, ou encore de l’équilibre du partage de la valeur créée (équité) pourront être intégrés à l’évaluation.
  • Sur le plan sociétal, c’est la réponse aux besoins des parties prenantes, telles que les clients, la société civile ou encore les communautés locales qui sera considérée. Il pourra s’agir l’innocuité du produit, sa traçabilité, les informations disponibles, prévention des impacts indirects.

Pour structurer son analyse, l’acheteur responsable devra recourir à certains concepts :

  • Tout d’abord, l’approche en cycle de vie d’un produit (bien ou service) est centrale en matière d’achats responsables. Elle représente l’ensemble des phases consécutives liées au produit depuis l’acquisition ou la génération des ressources naturelles jusqu’à l'élimination finale du celui-ci. C’est une approche dite du « berceau au cercueil ».
  • Les impacts RSE du produit pourront être ainsi recensés à chaque étape de son cycle de vie. Ce repérage séquencé des enjeux permettra à l’acheteur d’identifier les zones d’actions présentant le plus haut potentiel d’impacts par rapport aux objectifs RSE recherchés.
  • L’annexe C de la norme ISO 20400 fournit un outil très intéressant pour structurer ce travail. Il s’agit d’un tableau propre à chaque produit, ou famille de produits.
  • La matrice positionne en colonne les différentes étapes de son cycle de vie. Elle positionne en ligne les 7 questions centrales de la RSE. L’acheteur renseigne la matrice en identifiant à chaque étape les enjeux RSE associés à chaque question centrale. Une échelle de couleurs permet enfin d’attribuer aux cellules renseignées un niveau d’importance sur le risque identifié. Cet outil offre une représentation visuelle très pratique de la situation des enjeux prioritaires.
  • L’acheteur pourra également améliorer la performance environnementale de ses achats en s’intéressant aux produits ou services éco-conçus. Le Pôle écoconception définit l’écoconception comme « l’approche qui consiste à rechercher et l’amélioration environnementale d’un produit, d'un service ou d'un système tout au long de la chaîne de valeur comprenant la conception, l’extraction, la fabrication, le transport, l’usage, et la fin de vie ». L’écoconception résulte directement de l’analyse du cycle de vie du produit et mise sur la sobriété optimale du produit. Elle représente les mesures visant à améliorer son impact environnemental, tout en recherchant l’équilibre avec les contraintes techniques et économiques. Les améliorations visent à satisfaire le besoin avec le même niveau d’exigence, tout en réduisant les ressources nécessaires, en diminuant les consommations utiles et optimisant la fin de vie du produit. L’écoconception peut être aussi élargie aux aspects sociaux. On parle alors d’éco socio conception. Les grands principes de l’écoconception sont développés dans la norme ISO 14040. Quand cela semble envisageable, l’acheteur pourra également s’intéresser à l’économie du réemploi et des produits reconditionnés.

La filière des produits de seconde vie est en fort développement dans de nombreux domaines, offrant des niveaux de garanties désormais capables de susciter la confiance.

L’essor de Back Market, pour les produits technologiques grand public, illustre bien cette émergence. Les initiatives se développent également dans différents domaines du B To B.

L’exemple de la société CELERIS, en Île-de-France, est intéressante. Cette société s’est spécialisée dans la re-certification de serveurs informatiques totalement éco-conçus, de type OCP. CELERIS rachète aux acteurs du GAFA les serveurs OCP dans le cadre du renouvellement périodique leur parc de serveur. CELERIS revend ces serveurs en seconde vie, en faisant profiter à ses clients de produits offrant une excellente performance sur le plan technologique et environnemental, avec un prix accessible. Un bel exemple mêlant écoconception et réemploi.

La mission de l’acheteur implique aussi que les produits qu’il achète répondent aux normes et réglementation en vigueur. Il est le garant de cette conformité et sera à ce titre attentif aux évolutions du cadre juridique et normatif des produits. Dans une démarche d’achats responsables, il pourra même tenter de dépasser la simple conformité lorsque les lois et les normes lui sembleront insuffisantes à l’égard des objectifs visés.

De nombreuses familles de produits - notamment destinées au « grand public » - sont par ailleurs sujettes à un système d’informations (performance énergétique, indice de réparabilité, score carbone…) ou de labellisation qui peuvent faciliter le travail de recherche de l’acheteur. Ces multiples sources offrent des renseignements intéressants sur les produits. Ils existent de nombreux labels. Certains sont officiels, d’autres privés. Il n’est pas toujours aisé de s’y retrouver.

Sachez que l’ADEME propose une bibliothèque de labels environnementaux par famille de produits, qui en facilite leur compréhension. L’acheteur responsable devra enfin modéliser économiquement l’intérêt du produit par la méthode du coût du cycle de vie.

Cette méthode consiste à fournir une estimation monétaire complète d’un achat, en intégrant ses impacts tant pour l’organisation que pour la société :  

  • L’étude d’impact pour l’organisation repose tout d’abord sur la méthode du coût total de possession (CTP ou TCO en anglais). Cette approche propose de faire l’addition des coûts d’acquisition (achats, logistiques, frais de gestion, stock), des coûts d’utilisation (consommation, entretien, maintenance…), et des coûts de retrait en fin de vie du produit (recyclage, destruction…). Cette méthode focalise sur le produit en considérant les coûts directs et indirects en lien avec sa durée de vie. 
  • Toujours au niveau de l’organisation, l’acheteur pourra se prêter à une évaluation monétaire des coûts des conséquences indirectes induites par un achat plus responsable : il peut s’agir de risques évités ou d’opportunités générées. Un achat plus durable peut en effet réduire les fréquences de renouvellement, réduire les causes de litiges et les frais associés, augmenter le taux de service, améliorer la perception de l'entreprise auprès de ces clients et déclencher de nouvelles opportunités.   
  • Au-delà de l’organisation, la démarche incite également à considérer et estimer les externalités sociétales, c’est-à-dire les impacts environnementaux et sociaux par l’achat du produit pour la société. La somme de ces coûts et estimations représente le coût du cycle de vie. Cette approche, assez complexe à mettre en pratique, pourra démarrer sur une base incomplète et perfectible. La modélisation pourra par la suite s'enrichir graduellement en fonction de la montée en maturité de l'acheteur, des interactions avec les autres services et de l’évolution des données disponibles.

     

    Auteur : Franck Babillon

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